Le bonus vélo et la prime à la conversion pour les cycles ont été supprimés pour les achats facturés à compter du 15 février 2025, en application du décret n° 2024-1084 du 29 novembre 2024. Cette suppression ne signifie pas l’absence totale de soutien financier : des aides locales subsistent selon la ville, le département ou la région, le forfait mobilités durables reste mobilisable pour les trajets domicile-travail, et plusieurs solutions de financement permettent encore de réduire le coût d’un vélo à assistance électrique. Voici ce qu’il faut vérifier avant d’acheter.
Ce qui a changé depuis le 15 février 2025
Jusqu’à cette date, l’État versait une aide pouvant atteindre 40 % du coût d’achat selon le revenu fiscal de référence et le type de vélo. Ce dispositif national a disparu pour les cycles, tandis que d’autres aides à la conversion automobile ont suivi des règles distinctes. Concrètement, un acheteur qui facture son vélo électrique après le 15 février 2025 ne peut plus prétendre à cette aide nationale, quel que soit son revenu ou sa situation.
La période transitoire pour les achats déjà engagés
Une tolérance a été prévue pour les dossiers en cours : si la facturation ou le versement du premier loyer (en cas de location avec option d’achat) est intervenu au plus tard le 14 février 2025, la demande reste recevable dans l’ancien cadre, à condition d’être déposée dans un délai de six mois après la date de facturation. Au-delà de cette fenêtre, le dossier n’est plus éligible à l’aide nationale, même si l’achat remonte à une période où le dispositif existait encore.
Qui peut encore obtenir une aide, et sous quelles conditions
En l’absence de dispositif national, le lieu de résidence détermine désormais le plus souvent l’accès à une aide. Chaque collectivité fixe ses propres critères : certaines réservent leur soutien aux foyers sous un plafond de ressources, d’autres l’ouvrent à tous les résidents, d’autres encore ciblent les jeunes actifs ou les personnes en situation de handicap.
Les critères de revenus et de situation personnelle
Quand une condition de ressources existe, elle s’appuie généralement sur le revenu fiscal de référence par part. À titre d’ordre de grandeur issu de l’ancien dispositif national, les seuils les plus souvent repris par les collectivités distinguent un public au revenu fiscal inférieur ou égal à 7 100 euros par part (aide la plus élevée, également applicable sans condition de ressources en cas de handicap) et un public intermédiaire jusqu’à 15 400 euros par part. Il reste nécessaire de vérifier le barème exact appliqué localement, car rien n’oblige une collectivité à reprendre ces seuils.
Les types de vélos pris en compte
Les dispositifs locaux couvrent généralement le vélo à assistance électrique neuf ou d’occasion, le vélo cargo, le vélo pliant, le vélo rallongé, le vélo adapté aux personnes en situation de handicap, la remorque électrique et, parfois, le kit d’électrification posé par un professionnel sur un vélo mécanique. Une constante revient néanmoins dans presque tous les règlements : la batterie ne doit pas fonctionner au plomb, le vélo doit porter un identifiant unique sur le cadre, et l’achat ou la location doit s’effectuer auprès d’un professionnel identifiable, pas entre particuliers.
Combien peut-on espérer, selon son profil et sa collectivité
Les montants n’ont plus de référence nationale unique : ils dépendent entièrement du territoire. L’exemple d’Île-de-France Mobilités donne une idée de ce à quoi peut ressembler une grille territoriale, sans que ces chiffres s’appliquent ailleurs.
| Type de vélo | Montant maximal (exemple Île-de-France Mobilités) |
|---|---|
| VAE, vélo pliant, vélo cargo sans assistance | 400 € |
| Vélo cargo avec assistance électrique | 600 € |
| Kit d’électrification | 200 € |
| Vélo mécanique (réservé aux 15-25 ans) | 100 € |
| Vélo adapté | 1 200 € |
Comment trouver l’aide de sa ville, de son département ou de sa région
La méthode la plus fiable consiste à interroger successivement les échelons territoriaux : la commune, l’intercommunalité, le département puis la région, dans cet ordre, car une aide communale ne dispense pas forcément de vérifier l’existence d’une aide régionale cumulable. Mieux vaut consulter directement la page officielle de la collectivité plutôt qu’un comparateur tiers, car ces dispositifs fonctionnent souvent avec une enveloppe budgétaire limitée, susceptible d’être suspendue en cours d’année une fois le budget consommé.
Les démarches, les justificatifs et le calendrier à respecter
L’ordre des démarches varie selon les dispositifs : certaines collectivités exigent une demande avant l’achat, d’autres acceptent un dépôt après facturation, dans un délai fixé par leur règlement. Mieux vaut vérifier ce point avant de passer commande, car une demande déposée dans le mauvais ordre peut entraîner un refus, même si tous les autres critères sont remplis.
Les pièces généralement demandées comprennent un justificatif d’identité, un justificatif de domicile récent, la facture d’achat mentionnant l’identifiant unique du vélo et les coordonnées du vendeur professionnel, l’avis d’imposition pour les dispositifs soumis à condition de ressources, et une attestation de handicap lorsque ce statut ouvre un montant ou une catégorie de vélo spécifique. Un dossier incomplet reste la cause la plus fréquente de retard ou de refus, davantage que la non-éligibilité elle-même.
Cumuler les aides et construire un plan de financement
Le forfait mobilités durables mérite d’être distingué des aides à l’achat : il ne finance pas le vélo lui-même, il compense l’usage qui en est fait pour les trajets domicile-travail, sur décision de l’employeur. Dans le secteur privé, il peut atteindre 600 euros par an, porté à 900 euros en cas de cumul avec un abonnement de transport en commun ; dans la fonction publique, le plafond observé est de 300 euros. Son activation dépend d’un accord d’entreprise ou d’une décision de l’employeur, elle n’est jamais automatique.
L’aide nationale portait seule l’essentiel de l’effort financier, et sa disparition a fragilisé le budget vélo de beaucoup d’acheteurs. Ce qui se dessine aujourd’hui repose sur plusieurs points d’appui : une aide locale, une participation de l’employeur, une reprise de l’ancien vélo. Aucun de ces appuis n’est à lui seul suffisant, mais leur combinaison tient souvent mieux la charge qu’un dispositif unique, même généreux.
Quand aucune aide locale n’est accessible, la location longue durée, la reprise de l’ancien vélo chez un professionnel ou l’achat d’un modèle reconditionné restent des leviers concrets pour réduire le reste à charge. Le cumul entre une aide locale et le forfait mobilités durables est en général possible, puisque l’un finance l’achat et l’autre compense l’usage, mais il reste prudent de vérifier ce point auprès de sa collectivité avant de bâtir son plan de financement : les règles de cumul ne sont pas uniformes sur l’ensemble du territoire.